Haiti

Haïti : reprise prochaine des adoptions.

Le SAI a publié hier un communiqué informant de la reprise des adoptions en Haïti à compter du 15 janvier 2013. Toutefois, il faudra attendre que les OAA et l’AFA aient obtenu leur accréditation par l’IBESR avant de pouvoir déposer un dossier.

NB : l’adoption en individuel n’y est plus possible.

Pour plus d’informations, allez sur la fiche Haïti du site diplomatie.gouv.fr (cliquez)

Vous trouverez ici  (cliquez) le communiqué de l’AFA.

Haïti - Décès de Jephté/Simon apparenté à une famille française

Demisenya présente ses condoléances aux parents de Jephté/Simon et soutient toutes les familles apparentées encore dans l’attente.

A ce titre, nous souhaitons porter à  votre connaissance la lettre écrite par les parents de Simon.

Lettre ouverte à M. Sarkozy, M. Fillon, M. Kouchner, Mme Morano, …

Le 24 mars 2010

Simon n’a pas eu la force de nous attendre…
Nous sommes un couple qui était en cours d’adoption en Haïti au moment du séisme. Simon, l’enfant que nous attendions depuis bientôt 28 mois, vient de mourir par la faute des décisions de l’Etat français, prises soi-disant « au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant ».
La décision de communiquer sur la mort de Simon a été extrêmement difficile à prendre, par pudeur et par respect pour lui et parce que cela ne correspond pas à nos valeurs. Mais, nous n’avons pas le choix car près de 600 enfants apparentés à des familles françaises depuis des mois, des années, sont toujours en Haïti et risquent le même sort que notre petit garçon.
Pour nous, Simon était notre fils depuis plus de deux ans. La procédure d’adoption étant très longue, nous n’avions toujours pas le jugement quand la terre a tremblé en Haïti. Simon n’a pas été blessé lors du séisme. Ce n’est donc pas directement cette catastrophe que l’on peut tenir pour responsable. En trois ans de vie, ce petit bonhomme a connu l’abandon de ses parents de naissance, la faim, un terrible tremblement de terre, trois semaines dans un terrain vague, quelques jours dans un lieu enfin plus propice, un mois d’hôpital et l’attente interminable de ses parents, nous, qui n’ont pas pu venir le chercher.
Depuis plus de deux mois maintenant, l’Etat français campe sur ses positions, sans tenir compte de la réalité en Haïti. On nous dit que tout est en train de se normaliser et que les procédures peuvent reprendre. Au nom de « l’intérêt supérieur de l’enfant », on entend que les enfants ne sont pas à un mois près. Dans le seul intérêt de valider son idéologie, M. Kouchner s’entoure de certains psychologues ou psychiatres allant dans le même sens que lui, sans entendre ceux qui ont des analyses diamétralement opposées. Ceux qui ont pris position pour bloquer le retour rapide des enfants pourraient-ils nous parler du traumatisme d’un deuxième abandon, que Simon a dû ressentir en ne nous voyant pas venir ?
Bernard Kouchner a dit le 4 mars : « La situation a changé et maintenant, on peut plus prendre soin des enfants, parce que la crise est passée et que maintenant, nous devons prendre soin des enfants autrement qu’en les mettant dans des avions pour arriver en France. »
En ce qui concerne Simon, nous avions un certificat médical, établi le 22 janvier 2010 par un pédiatre français, qui avait rendu visite aux enfants de la crèche en octobre 2009. Il décrivait Simon comme à risque. « J’ai constaté un grand retard staturo-pondéral […]. Ce retard de croissance était la conséquence d’une malnutrition antérieure, ce qui lui confère une grande fragilité vis-à-vis des infections. […] Suite aux évènements récents en Haïti (le tremblement de terre), les conditions d’alimentation et d’hydratation des enfants de la crèche et tout particulièrement celles de Jephté/Simon vont devenir problématiques, ce qui le met en grand danger. Son état de santé justifie donc qu’il soit prioritaire pour un rapatriement. » Tout était dit. Ce certificat a été envoyé au Ministère des Affaires Etrangères rapidement après le séisme.
Tout au long de ces deux mois, tous les niveaux de l’Etat ont été informés de la fragilité de notre petit garçon et de l’évolution de sa situation, son hospitalisation. La directrice de la crèche a prévenu de son côté le consulat. Mais rien n’a été fait pour lui.
Alors, qu’on ne vienne pas nous dire « on ne savait pas, on ne pouvait pas prévoir ».
Simon a été hospitalisé pour une infection pulmonaire, contractée à cause des conditions de vie subies pendant les trois semaines dans un terrain vague, juste après le séisme, à l’humidité, la poussière, parmi les mouches et les moustiques.
Nous pensions qu’à l’hôpital, il allait bénéficier de soins appropriés. Naïfs, nous imaginions qu’avec les aides humanitaires, les hôpitaux étaient pourvus en médicaments adaptés. Mais il faut savoir que c’est aux patients de trouver les médicaments par leurs propres moyens, dans les différentes pharmacies.
Quand le cas de Simon s’est aggravé, c’est donc la directrice de la crèche qui a tout fait pour trouver ce qui lui était nécessaire. Quand elle l’a enfin trouvé, il était trop tard.
Voici une partie du mail qu’elle nous a adressé le 22 mars : « Tout ce que je souhaite actuellement, c’est que les enfants rejoignent le plus rapidement possible leur famille adoptive car ici, la vie devient de jour en jour extrêmement difficile. En ce moment, il n’y a plus d’hôpitaux militaires français et américains, il faut faire avec ce qu’on trouve localement ici en Haïti. »
Alors non, M. Sarkozy, M. Fillon, M. Kouchner, Mme Morano etc, tout ne rentre pas dans l’ordre en Haïti. Non, les enfants n’ont pas le temps d’attendre. Non, on ne prend pas soin d’eux, par exemple : pas de recensement précis et de prise en charge médicale des enfants qui ne bénéficient pas encore d’un jugement et qui sont malades.
Depuis le départ, les parents adoptants sollicitent l’arrivée des enfants, en toute transparence, afin qu’ils soient pris en charge d’urgence pendant que se poursuivent et se terminent les procédures de manière tout à fait légale.
On nous rétorque qu’il faut prendre des précautions. Par exemple Bernard Valéro, porte parole du Quai d’Orsay, dit le 22 janvier : « Nous avons pris toutes les précautions possibles de manière à éviter toute erreur, parce que si on fait une erreur, c’est sur un enfant que ça tombe et on ne peut pas se permettre de prendre le moindre risque ».
A l’époque, il parlait du risque de se tromper sur l’identité d’un enfant et de l’évacuer en France, alors qu’il n’était pas en cours d’adoption.
Pourtant, la fin de cette citation est malheureusement aujourd’hui d’actualité, Simon est mort du mauvais usage du principe de précaution : il n’y a pas d’erreur possible, tous les enfants en cours d’adoption sont recensés depuis longtemps et pour chacun d’entre eux, un consentement d’abandon, sans lequel un apparentement n’est pas possible, est signé par les parents biologiques. Cela fait plus de deux mois maintenant que la terre a tremblé, et les enfants sont toujours dans les crèches. Ils n’ont pas été repris, comme certains semblent le dire, par leurs parents de naissance. Ils n’ont pas de famille élargie qui pourrait s’occuper d’eux, sinon ils n’auraient pas été en crèche depuis tout ce temps.

Il faut revenir au bon sens, il s’agit d’une situation tout à fait exceptionnelle, une situation d’urgence qu’il faut que la France reconnaisse. Ce n’est pas le moment d’une bataille idéologique sur l’adoption en général.
Si nous avions été belges, hollandais, américains, canadiens, luxembourgeois… ce petit bonhomme découvrirait le printemps avec nous. Il ne saura jamais ce qu’est le printemps en France.
Ce décès aurait pu et aurait dû être évité. Il faut empêcher que d’autres enfants ne meurent parce qu’on n’a pas su traiter leur dossier à temps !
Si enfin, l’Etat pouvait revenir sur ses décisions et négocier, comme d’autres ont su le faire, l’évacuation de tous les enfants apparentés à des familles françaises, Simon resterait le seul d’entre eux à avoir été une victime post-séisme. Cependant, il ne faudra jamais dire que Simon n’est pas mort pour rien. Simon n’est pas mort “pour”, il est mort “à cause”…!
Surtout que la France ne cherche pas à rejeter la faute sur les responsables des crèches, sur l’Etat haïtien ou sur la fatalité. Contrairement à de nombreux pays, la France n’a pas fait évacuer ces enfants, seul le gouvernement français est responsable !

Les PARENTS de JEPHTE/SIMON
 

Communiqué MASF sur l’arrêt des adoptions en Haïti

22/02/2010

Le MASF est indigné par la décision de Monsieur Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères d’interrompre l’arrivée en France des enfants ayant fait l’objet d’un jugement d’adoption prononcé par un tribunal haïtien. On peut s’étonner qu’il n’y ait pas eu de communiqué officiel à ce propos et que les demandes de journalistes à ce sujet soient restées sans réponse. C’est tout à fait étonnant de la part d’un ministre qui a construit une grande partie de sa carrière sur sa capacité à communiquer.

Depuis un mois, ce sont 371 enfants qui sont arrivés dans leur famille d’adoption. Le dispositif mis en place dans les aéroports pour l’accueil des enfants et l’accompagnement de parents pour ce moment très particulier de la rencontre a mobilisé de nombreux professionnels (personnel du SAMU et de la cellule d’urgence médico-psychologique, puéricultrices et animateurs du Conseil général aux Antilles, Service de l’Adoption Internationale, SAMU avec un dispositif médical, cellule d’urgence médico-psychologique et Croix Rouge à l”arrivée à Paris).

Ce dispositif probablement perfectible a pourtant eu le temps de se roder et de s’améliorer au fil des arrivées de nouveaux groupes d’enfants. Rappelons qu’il a été mis en place pour répondre à une situation totalement inédite.

Cet accompagnement nous semble indispensable pour les enfants mais également pour les parents. Le traumatisme du séisme subi par ces enfants doit être pris dans sa pleine mesurepar les parents même si, les semaines d’incertitudes qu’ils viennent de traverser leur donnent souvent l’envie de rentrer chez eux au plus vite. La rencontre est un moment unique, premier maillon dans la construction du lien avec leurs enfants.

Par ailleurs, les enfants et leurs familles peuvent trouver tout le soutien nécessaire en France. Une information complète était d’ailleurs donnée à l’arrivée à ce sujet.

Pourquoi priver 116 enfants de rejoindre leur famille ?

Tout comme les 371 qui sont déjà arrivés en France, ces 116 dossiers ont fait l’objet d’une validation par les autorités haïtiennes et françaises.

Doit-on attendre que les traumatismes décrits par les psy soient évalués, pendant que ces enfants restent dans un pays dévasté ? Leurs traumatismes seront-ils moindres ?

Le MASF a toujours souhaité éviter la précipitation dans l’intérêt des enfants, mais plus d’un mois après le tremblement de terre, on ne peut pas parler de précipitation. La situation en Haïti exige que ces enfants de parents français puissent arriver immédiatement en France

Le MASF demande au ministre des affaires étrangères que les sauf-conduits permettant de quitter Haiti soient délivrés dans les plus brefs délais aux enfants, qui ont fait l’objet d’un jugement des autorités haïtiennes et dont les parents ont respecté toutes les dispositions légales haïtiennes comme françaises.

                                                        
 

Communiqué MASF sur HAITI du 21 janvier 2010

 

Le MASF a pris acte avec stupéfaction des déclarations de Monsieur Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, lors de la séance du mercredi 20 janvier à l’Assemblée Nationale, concernant les priorités d’évacuation des enfants haïtiens en cours d’adoption.

Le MASF considère que TOUS les enfants qui ont bénéficié d’un jugement d’adoption prononcé par les instances haïtiennes avant le séisme, doivent être indifféremment évacués, qu’ils aient été confiés à leurs parents via un OAA ou par une démarche individuelle. Tous les enfants apparentés devront faire au plus vite l’objet d’un traitement particulier en concertation avec les autorités haïtiennes.

Tout autre critère que celui de l’urgence médicale ne saurait constituer un ordre de priorité.

Les propos discriminatoires tenus hier par le ministre à l’égard d’un certain nombre de familles en démarche d’adoption sont contraires aux principes fondateurs de notre République. Il y a en France trois voies possibles, officielles et légales pour adopter à l’international : Organismes Autorisés pour l’Adoption (OAA), Agence Française de l’Adoption (AFA), et démarche individuelle (DI). Depuis plus de trente ans, des milliers de familles ont adopté en toute transparence leurs enfants par démarche individuelle, dans plus de 70 pays. Le MASF ne peut accepter un discours qui range d’un côté « les bons adoptants » et de l’autre « les voleurs d’enfants ». Cette image calomnieuse de la démarche individuelle est gravement dommageable pour les enfants adoptés par cette voie et pour leurs familles.

En conséquence, s’agissant des enfants haïtiens en cours d’adoption dans ce contexte si particulier, le MASF demande que TOUS les dossiers transmis via un OAA ou par DI soumis au contrôle des autorités fassent l’objet du même traitement.

HAITI - Communiqué MASF

Communiqué MASF sur HAITI du 18 janvier 2010

Le MASF est très affecté par la catastrophe qui frappe Haïti. Ses pensées vont vers l’ensemble de la population haïtienne directement touchée, blessée ou endeuillée, vers les familles adoptives et leurs enfants d’origine haïtienne, et bien entendu vers les familles adoptantes dont les futurs enfants sont encore en Haïti. Il s’associe au deuil de celles dont l’enfant est décédé.

Conscient de l’angoisse et du désarroi légitimes des familles en cours de procédure, le MASF les assure de sa solidarité. Associé à la réunion qui a eu lieu samedi 16 janvier 2010 au MAEE sur la situation des enfants en attente d’adoption en Haïti, il y a exprimé son désir de voir finalisées, dès que cela sera possible, les procédures entamées. Il rappelle que seules les autorités haïtiennes sont en mesure de décider d’un traitement spécifique de ces dossiers, qu’il espère la mise en place très rapide d’un tel traitement mais est conscient que dans le contexte actuel une évacuation par décision unilatérale ne peut être envisagée.

Le MASF n’oublie pas que cette catastrophe ne touche pas uniquement les enfants en attente d’adoption mais qu’elle concerne le peuple haïtien dans sa totalité. Il salue le travail effectué par les secouristes pour tous les enfants qui sont la priorité des humanitaires comme l’a souligné le Quai d’Orsay.

Il assure les familles de son soutien et de sa présence active auprès des autorités françaises pour qu’en concertation avec les autorités haïtiennes, elles trouvent les moyens de mener les procédures en cours à terme et au plus vite, avec toute l’humanité et la souplesse requises par la situation.

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 Demisenya est membre du MASF.

Haïti

Demisenya est très touchée par la catastrophe qui frappe Haïti. Nos pensées vont vers l’ensemble de la population haïtienne ainsi que les familles adoptives d’enfants d’origine haïtienne particulièrement celles dont les enfants sont encore en Haïti.