22/02/2010

Le MASF est indigné par la décision de Monsieur Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères d’interrompre l’arrivée en France des enfants ayant fait l’objet d’un jugement d’adoption prononcé par un tribunal haïtien. On peut s’étonner qu’il n’y ait pas eu de communiqué officiel à ce propos et que les demandes de journalistes à ce sujet soient restées sans réponse. C’est tout à fait étonnant de la part d’un ministre qui a construit une grande partie de sa carrière sur sa capacité à communiquer.

Depuis un mois, ce sont 371 enfants qui sont arrivés dans leur famille d’adoption. Le dispositif mis en place dans les aéroports pour l’accueil des enfants et l’accompagnement de parents pour ce moment très particulier de la rencontre a mobilisé de nombreux professionnels (personnel du SAMU et de la cellule d’urgence médico-psychologique, puéricultrices et animateurs du Conseil général aux Antilles, Service de l’Adoption Internationale, SAMU avec un dispositif médical, cellule d’urgence médico-psychologique et Croix Rouge à l”arrivée à Paris).

Ce dispositif probablement perfectible a pourtant eu le temps de se roder et de s’améliorer au fil des arrivées de nouveaux groupes d’enfants. Rappelons qu’il a été mis en place pour répondre à une situation totalement inédite.

Cet accompagnement nous semble indispensable pour les enfants mais également pour les parents. Le traumatisme du séisme subi par ces enfants doit être pris dans sa pleine mesurepar les parents même si, les semaines d’incertitudes qu’ils viennent de traverser leur donnent souvent l’envie de rentrer chez eux au plus vite. La rencontre est un moment unique, premier maillon dans la construction du lien avec leurs enfants.

Par ailleurs, les enfants et leurs familles peuvent trouver tout le soutien nécessaire en France. Une information complète était d’ailleurs donnée à l’arrivée à ce sujet.

Pourquoi priver 116 enfants de rejoindre leur famille ?

Tout comme les 371 qui sont déjà arrivés en France, ces 116 dossiers ont fait l’objet d’une validation par les autorités haïtiennes et françaises.

Doit-on attendre que les traumatismes décrits par les psy soient évalués, pendant que ces enfants restent dans un pays dévasté ? Leurs traumatismes seront-ils moindres ?

Le MASF a toujours souhaité éviter la précipitation dans l’intérêt des enfants, mais plus d’un mois après le tremblement de terre, on ne peut pas parler de précipitation. La situation en Haïti exige que ces enfants de parents français puissent arriver immédiatement en France

Le MASF demande au ministre des affaires étrangères que les sauf-conduits permettant de quitter Haiti soient délivrés dans les plus brefs délais aux enfants, qui ont fait l’objet d’un jugement des autorités haïtiennes et dont les parents ont respecté toutes les dispositions légales haïtiennes comme françaises.